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TELUS Impact Social
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Cass Turner, qui fait un câlin à son enfant

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Une belle vie contre toute attente : Genre, gratitude et cheminement

8 juil. 2022

« Mon enfant est la preuve vivante qu’il m’est possible d’être pleinement moi-même et de profiter de tout ce qui, dans ma tête, était réservé aux autres », affirme Cass Turner, qui fait un câlin à son enfant. PHOTO SOUMISE

Je n’aurais jamais cru avoir la chance de devenir parent un jour. Voyez-vous, je suis une personne queer non binaire. J’ai cessé de me conformer au concept dépassé des rôles associés aux genres à l’adolescence. Et il n’y avait alors aucune personne qui pouvait me servir de modèle.

En fait, dans les années 1990, on ne voyait pratiquement aucune représentation positive de personnes gaies qui étaient des parents. J’ai grandi en pensant que j’allais mourir jeune dans une triste solitude, puisque ma famille et mes amis allaient me rejeter.

Aujourd’hui, alors que je fais un câlin à ce petit être qui est le mien, je remercie la vie de m’avoir fait échapper à ce destin.

C’est pourquoi je célèbre chaque avancée. Les activistes de la communauté LGBTQ2+ et leurs alliés se sont battus pour l’égalité des droits et l’acception en payant de leur sang et de leurs souffrances. Si ce n’était de ces personnes, je n’en serais pas là aujourd’hui.

En faisant connaître ce que j’ai vécu, j’espère aider quelqu’un à se sentir aussi en sécurité que je le suis aujourd’hui, et contribuer à son épanouissement.

Courage, compassion et soutien

Très tôt, j’ai choisi de travailler à TELUS, en partie parce que je savais que cette entreprise respecte et appuie la communauté LGBTQ2+ – notamment par l’entremise de Spectrum, le groupe de ressources pour les membres de l’équipe de la communauté LGBTQ2+, par le soutien offert lors des activités de la Fierté au pays et à l’étranger, ou par la sensibilisation aux enjeux importants et aux événements comme la Journée de la visibilité transgenre. Depuis mon arrivée à TELUS, je trouve une grande source de motivation dans le travail continu qui est mené pour favoriser une culture d’équité et qui s’appuie sur le renforcement de l’acceptation, le soutien et l’épanouissement personnel de tous les membres de l’équipe.

Mon expérience personnelle témoigne de cet engagement. J’ai annoncé il y a cinq ans que j’étais une personne non binaire. Depuis, bien des membres de l’équipe s’informent sur la meilleure façon de me témoigner du respect et me demandent comment faire en sorte que je me sente à l’aise. Le fait que les gens utilisent mes pronoms neutres me touche énormément, et la présentation de leurs propres pronoms m’amène à me sentir partie intégrante de l’équipe.

Pour moi, le véritable soutien va jusqu’à offrir des avantages sociaux significatifs, comme des services de soutien et une couverture pour l’affirmation de genre.

Dans mon cas, un tel appui a été très important lorsque j’ai décidé de subir une chirurgie d’affirmation de genre l’an dernier. En me situant mieux par rapport à mon genre et en prenant conscience du fait que je ne m’identifiais ni au « sexe féminin » ni au « sexe masculin », j’ai ensuite cherché comment je pourrais vivre plus en harmonie avec mon genre, en me sentant en sécurité et en profitant de l’appui de mes proches. Comme je l’ai appris, il n’existe aucune identité transgenre « normale », et l’expérience de chaque personne est unique.

Pendant la période où je me préparais en vue de ma chirurgie, j’avais peur de ce qui m’attendait sur la table d’opération. Je craignais les répercussions que ce changement allait entraîner dans ma vie. Je m’inquiétais de ses conséquences sur ma conjointe et sur ma capacité à subvenir aux besoins de notre enfant et aux miens.

Je redoutais aussi la réaction des autres. Nous apprenons aux nouvelles que des personnes transgenres qui ont décidé de vivre selon leur genre sont agressées ou assassinées. Et nous entendons parler presque quotidiennement de personnes transgenres qui se font juger parce qu’elles ont choisi d’avoir recours à une intervention médicale pour que leur corps corresponde à leur genre. Les membres de la communauté transgenre peuvent ainsi se voir priver de certains droits fondamentaux, comme l’accès à des toilettes publiques. Par ailleurs, aux États-Unis, des efforts continus visent à restreindre les discussions sur la sexualité et l’identité de genre en classe en tentant de faire approuver un projet de loi appelé Don’t Say Gay (« Ne parlez pas des gais »).

Savoir que j’avais le soutien de mon employeur m’a enlevé une source de stress. Lorsque j’ai informé mon supérieur à TELUS que j’allais me faire opérer, sa première réaction a été de me demander comment il pouvait faire en sorte que ma famille et moi recevions tout le soutien nécessaire pendant ma convalescence.

S’épanouir et ne plus se cacher

Bien des progrès ont été réalisés. Toutefois, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les membres de la communauté LGBTQ2+ profitent des mêmes droits et possibilités que leurs concitoyens. Les statistiques sont alarmantes : les jeunes LGBTQ2+ représentent plus de 25 pour cent des jeunes sans abri au Canada, selon une étude de la SCHL sur les enjeux et les besoins liés au logement. Au pays, les personnes transgenres sont deux fois plus susceptibles que les autres de vivre dans l’extrême pauvreté et l’itinérance.

De plus, la pandémie de COVID-19 a accentué l’insécurité au sein de la communauté LGBTQ2+, en forçant encore plus de gens à demeurer dans un logement où leur sécurité est menacée et en entraînant de nombreuses pertes d’emploi. Par ailleurs, après plus de deux ans de restrictions sanitaires ayant empêché la tenue des festivités de la Fierté et d’autres célébrations importantes, nous avons grand besoin de renouer des liens essentiels avec les autres – des liens qui changent véritablement le sort des personnes ayant besoin de soutien. Je suis de tout cœur avec les jeunes qui ont vécu dans l’incertitude, l’isolement et la peur à l’idée de dévoiler ce qu’ils sont vraiment à leurs parents et aux membres de leur famille qui pourraient ne pas l’accepter.

En raison des politiques injustes et cruelles, des histoires de crimes haineux et des idées fausses qui circulent, les personnes transgenres comme moi évitent de poser les gestes essentiels qui leur permettraient d’obtenir des soins médicaux et de s’occuper de leur mieux-être, ce dont nous avons tous besoin pour nous épanouir et exprimer pleinement notre personnalité. Au Canada les personnes transgenres sont cinq fois plus susceptibles que les autres de faire une tentative de suicide, selon l’étude de la SCHL.

Je sais que j’ai eu plus de chance que d’autres personnes transgenres et non binaires au pays. Je me suis donné comme mission de faire connaître mon expérience pour susciter le changement chez les gens.

Je peux affirmer avec bonheur que ma vie est plus belle aujourd’hui qu’elle ne l’était tout juste hier. Ma conjointe est une personne bienveillante, aimable et formidable. Elle ne veut que le mieux pour notre enfant et pour moi.

Grâce à un emploi valorisant, qui me procure une sécurité, je peux subvenir aux besoins de ma famille et élever mon enfant dans un foyer qui lui apporte de l’amour et lui offre un endroit sûr.

J’entrevois un bel avenir, non seulement pour moi, mais aussi pour les personnes qui se reconnaissent un peu dans mon histoire.

Mon enfant est la preuve vivante qu’il m’est possible d’être pleinement moi-même et de profiter de tout ce qui, dans ma tête, était réservé aux autres.

Je suis maintenant le modèle dont j’aurais tellement eu besoin lorsque j’étais plus jeune.


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Rencontrez l'auteur

Cass Turner

Chef d’équipe, Fidélisation et rétention, TELUS

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