Femme effectuant une fente bulgare en utilisant une chaise en bois pour le soutien dans un espace de fitness minimaliste et lumineux avec des plantes

Comprendre l’obésité : au-delà du « manger moins et bouger plus »

Santé Physique · 5 août 2026

Avis : Ce contenu est fourni à des fins éducatives seulement et ne remplace pas un avis médical personnalisé. Les décisions concernant les traitements doivent être prises en consultation avec un professionnel de la santé qualifié. Les médicaments sont prescrits à la seule discrétion du clinicien traitant, en fonction de l’admissibilité médicale de chaque personne.
Révisé par : Dre Lisa Ma, MD, CCFP, diplômée de l’ABOM, MB-EAT QI
Chef clinique, Gestion du poids, TELUS Santé 
Si vous ou l’un de vos proches vivez avec l’obésité, vous avez probablement déjà entendu des phrases comme : « C’est pourtant simple, il suffit de manger moins et de bouger plus. » Pourtant, la médecine moderne — y compris les propres lignes directrices de pratique clinique du Canada — nous révèle une réalité bien plus profonde. Une réalité ancrée dans la science, et non dans la stigmatisation.

L’obésité est une maladie

En 2020, Obésité Canada et l’Association canadienne des médecins et chirurgiens bariatriques ont publié des lignes directrices de pratique clinique marquantes, reconnaissant l’obésité comme une maladie chronique complexe et progressive. Cela la place dans la même catégorie que des affections comme le diabète, l’hypertension artérielle et l’asthme : de réels problèmes de santé qui méritent de vrais traitements médicaux (1).
Pourquoi est-ce si important? Reconnaître l’obésité comme une maladie chronique signifie admettre qu’il s’agit d’un problème de santé à long terme qui peut nécessiter un soutien et des traitements continus. Comprendre cela constitue une étape essentielle vers une meilleure santé — et vers le traitement des personnes vivant avec l’obésité avec la dignité et le respect qu’elles méritent.
Il ne s’agit pas d’une affection rare ou inhabituelle. L’obésité touche des millions de Canadiens et se classe parmi les maladies chroniques les plus courantes au pays. En 2021, environ 8,3 millions d’adultes canadiens — soit environ 29 % de la population — vivaient avec l’obésité, et des données plus récentes suggèrent que près d’un adulte canadien sur trois répond désormais aux critères de l’obésité (2,3).

Pourquoi l’obésité importe

L’obésité peut avoir des répercussions qui dépassent de loin le simple poids corporel. Elle peut affecter presque tous les organes du corps et est liée à plus de 200 autres conditions de santé. L’excès de graisse corporelle — en particulier autour de l’abdomen — peut contribuer à une inflammation chronique de faible intensité et augmenter le risque (5,6) de :
  • Diabète de type 2
  • Maladies cardiaques et accidents vasculaires cérébraux (AVC)
  • Hypertension artérielle et taux de cholestérol élevé
  • Apnée du sommeil
  • Certains types de cancers
  • Maladie du foie (MASLD, ou stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique)
  • Problèmes articulaires comme l’arthrose
  • Dépression et anxiété
La bonne nouvelle est que des améliorations significatives de la santé peuvent survenir bien avant qu’une personne n’atteigne son « poids cible ». Il a été démontré qu’une perte de poids d’à peine 5 à 10 % permet d’améliorer la pression artérielle, la glycémie, le cholestérol et la qualité de vie globale (6).

Malgré ces répercussions très réelles sur la santé, obtenir de l’aide n’est pas toujours facile. De nombreuses personnes se heurtent à des obstacles lorsqu’elles tentent d’accéder à du soutien et à des traitements.

Les répercussions de la stigmatisation liée au poids

L’un des plus grands obstacles aux soins est la stigmatisation — c’est-à-dire le jugement et la discrimination auxquels les gens font face en raison de leur poids.
Bon nombre de personnes vivant avec l’obésité se font répéter depuis des années que le poids est simplement une question de « manger moins et bouger plus ». Lorsque la perte de poids ne se produit pas — ou qu’elle ne dure pas —, on suppose souvent que cela est dû à un manque de volonté ou d’efforts.
Pourtant, l’obésité est bien plus complexe que cela. La science démontre que le poids est influencé par une multitude de facteurs qui vont bien au-delà de la simple intensité des efforts déployés (8).
La stigmatisation liée au poids n’est pas seulement blessante : elle peut être nuisible pour la santé. Les recherches⁷ indiquent que les personnes qui subissent de la discrimination liée au poids sont plus susceptibles de (7) :
  • Éviter les professionnels de la santé ou retarder la recherche de soins
  • Souffrir de dépression, d’anxiété et d’une faible estime de soi
  • Développer des habitudes alimentaires malsaines, y compris l’alimentation émotionnelle
  • Vivre des niveaux de stress plus élevés
L’accès aux soins représente un autre défi de taille. Malgré la reconnaissance croissante de l’obésité en tant que maladie chronique, de nombreux Canadiens font encore face à des barrières pour accéder aux traitements, notamment une couverture limitée pour les médicaments, les services de diététistes, le soutien comportemental et la chirurgie bariatrique (2).
Heureusement, il existe des traitements efficaces. La première étape consiste à délaisser le blâme pour chercher plutôt à comprendre les nombreux facteurs qui influencent le poids. À partir de là, il devient plus facile de cibler les outils, les traitements et le soutien qui peuvent aider.

Ce qui influence le poids corporel

Les recherches ont mis en lumière un large éventail de facteurs qui influencent le poids corporel et qui expliquent pourquoi cette réalité est si complexe :
  • La biologie : Les facteurs biologiques comprennent la génétique, les hormones, la régulation de l’appétit, le métabolisme, la façon dont le corps stocke et utilise l’énergie, ainsi que certaines conditions médicales. Ces systèmes jouent un rôle puissant dans les signaux de faim, de satiété et dans la régulation du poids (1,8).
  • La psychologie : Notre psychologie influence notre façon de penser, de ressentir et de réagir, de même que nos habitudes, nos routines, notre identité, nos croyances, nos émotions, notre stress, nos capacités d’autorégulation et notre relation avec la nourriture et notre corps (1).
  • L’environnement : Le milieu dans lequel nous évoluons a également son importance. Notre culture, notre environnement alimentaire, notre sommeil, notre stress, nos horaires de travail, nos relations, notre situation socio-économique et notre accès aux soins de santé peuvent tous influencer notre poids et notre santé (1).
Ensemble, ces éléments permettent de comprendre les nombreuses influences qui s'exercent sur notre capacité à manger moins, à bouger plus et à gérer notre poids au fil du temps.

Le poids est rarement façonné par un seul facteur — et un changement durable découle rarement d’une solution unique. Poser ce regard sur le poids permet de réorienter la discussion afin de délaisser la culpabilisation au profit d’une compréhension plus globale de la santé.

Une boîte à outils pour la gestion du poids

Avant d’aborder les outils spécifiques, il est utile de prendre un peu de recul. La gestion du poids n’est pas une approche universelle. Bien que le poids puisse être une mesure des progrès, la réussite ne se résume pas à un chiffre sur la balance. Les améliorations de la tension artérielle, de la glycémie, de la mobilité, du sommeil, de l’énergie, de la santé mentale et de la qualité de vie sont toutes des signes tangibles d’une meilleure santé.
Il existe de nombreux outils différents pour soutenir la gestion du poids. Les lignes directrices canadiennes recommandent une approche globale¹, centrée sur la personne, qui peut inclure (1) :
  • La nutrition
      • Il n’existe pas de régime unique qui soit le « meilleur ». L’approche la plus efficace est celle qui soutient la santé et qui peut être maintenue à long terme.
      • Une diététiste-nutritionniste peut vous aider à concevoir un plan adapté à vos besoins, à vos préférences et à vos objectifs individuels.

  • L’activité physique
      • L’exercice soutient la santé métabolique, préserve la masse musculaire, améliore l’humeur et aide à maintenir la perte de poids.
      • Les lignes directrices canadiennes recommandent au moins 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée.

  • Les changements de comportement
      • Développer des habitudes durables, améliorer le sommeil, gérer le stress et mettre en place des routines bienveillantes constituent les fondements d’une santé à long terme.
      • De nombreuses personnes bénéficient également de l’accompagnement d’un conseiller ou d’un thérapeute pour acquérir des compétences et apprivoiser les aspects psychologiques de la gestion du poids.

  • Les médicaments
      • Les médicaments de gestion du poids peuvent s’avérer un outil efficace pour de nombreuses personnes et sont recommandés lorsque la situation s’y prête (1,9).
      • Les plus récents médicaments de gestion du poids sur ordonnance ont démontré des bienfaits significatifs pour la santé et la perte de poids lors d’études cliniques (9). Ils fonctionnent de manière optimale lorsqu’ils sont combinés à de saines habitudes de vie et à d’autres stratégies de style de vie, en atténuant certains des obstacles biologiques qui rendent la gestion du poids difficile.

  • La chirurgie bariatrique
      • Pour certaines personnes atteintes d’obésité sévère (un IMC ≥ 40, ou ≥ 35 avec au moins une complication liée à l’obésité), la chirurgie bariatrique demeure une option de traitement hautement efficace (4).
La boîte à outils de chacun sera unique. L’approche la plus efficace est souvent celle qui combine différents outils et plusieurs sources de soutien d’une manière qui demeure réaliste, durable et adaptée à votre réalité.
Vivre avec l’obésité peut être source de frustration, surtout lorsqu’on vous a répété qu’il s’agissait simplement d’une question de volonté. Mais la science nous prouve le contraire. L’obésité est une maladie chronique complexe, et des traitements ainsi qu’un soutien efficaces sont accessibles. Que vous amorciez tout juste votre parcours ou que vous recherchiez un soutien supplémentaire, vous méritez des soins ancrés dans la science, exempts de jugement et adaptés à vos besoins.
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Références
Actuellement offert en anglais seulement
  1. Wharton S, Lau DCW, Vallis M, et al. Obesity in adults: a clinical practice guideline. CMAJ. 2020.
  2. Lau DCW, Patton I, Lavji R, et al. Obesity management from the perspectives of people living with obesity in Canada: a mixed-methods study. Diabetes Obes Metab. 2024.
  3. Anderson LN, Islam R, Sweetman A. Trends in obesity defined by body mass index among adults before and during the COVID-19 pandemic: a repeated cross-sectional study of the 2009–2023 Canadian Community Health Surveys. CMAJ. 2025.
  4. Gupta N, Babyak A, Chorbajian A, et al. A cost-effectiveness analysis of behavioural, pharmacological, and surgical obesity treatments in Canada. Diabetes Obes Metab. 2025.
  5. Sarma S, Sockalingam S, Dash S. Obesity as a multisystem disease: trends in obesity rates and obesity-related complications. Diabetes Obes Metab. 2021.
  6. Elmaleh-Sachs A, Schwartz JL, Bramante CT, et al. Obesity management in adults: a review. JAMA. 2023.
  7. Puhl RM, Heuer CA. The stigma of obesity: a review and update. Obesity (Silver Spring). 2009.
  8. Brown A, Flint SW, Batterham RL. Pervasiveness, impact and implications of weight stigma. EClinicalMedicine. 2022.
  9. Pedersen SD, Manjoo P, Wharton S, et al. Canadian clinical practice guideline update on pharmacotherapy in obesity management. Can J Diabetes. 2025.
Avis d’indépendance éditoriale et de divulgation
Le soutien financier pour cet article a été fourni par Eli Lilly Canada. Ce contenu éducatif a été élaboré de manière totalement indépendante par l’équipe clinique de TELUS Santé.