Mieux-être numérique / 07 juin 2019

Les jeunes et le temps d’écran : la Société canadienne de pédiatrie prend position

Nimmi Kanji

Nimmi Kanji

Directrice générale, TELUS Averti

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Le 6 juin 2019, la Société canadienne de pédiatrie a publié un nouveau document de principes sur le temps d’écran chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents, en complément à celui sur le temps d’écran chez les jeunes enfants qu’elle avait mis en ligne en novembre 2017. L’équipe TELUS Averti est fière d’appuyer financièrement la publication de ces deux documents de principes, qui informent les professionnels de la santé, les parents et les personnes qui s’occupent des jeunes des effets du temps d’écran sur ces derniers et des stratégies que nous pouvons adopter pour assurer leur sécurité en ligne.

Dans le premier document, la Société canadienne de pédiatrie faisait les recommandations suivantes : aucun temps d’écran pour les enfants de moins de deux ans et moins d’une heure par jour pour les enfants de 2 à 5 ans. Ces recommandations sont toujours valables. Toutefois, il ressort du nouveau document, qui porte sur les enfants d’âge scolaire (de 5 à 12 ans) et sur les adolescents (jusqu’à 19 ans), qu’il n’y a pas de règle absolue ni de réponse universelle.

Quand les enfants grandissent, la gestion du temps d’écran devient plus complexe. Le temps d’écran tend à augmenter, alors que le contrôle des parents, lui, diminue. Les activités sont également plus diversifiées puisque les jeunes doivent maintenant utiliser les écrans à des fins scolaires. Il devient difficile donc d’imposer des limites de temps d’écran lorsque le professeur donne un devoir qui nécessite l’utilisation des technologies : monter une vidéo, jouer à un jeu de mathématiques en ligne ou utiliser Google Présentations pour travailler avec un camarade de classe.

Ne pas laisser les enfants à eux-mêmes

En tant que parent, je sais que le temps d’écran peut avoir d’énormes bienfaits. Les jeunes apprennent à trouver de l’information et à la valider, sont inspirés par la créativité des autres, renforcent leurs relations avec leurs amis et acquièrent même de nouvelles habiletés en jouant à des jeux en ligne. Selon la Société canadienne de pédiatrie, une utilisation modérée des écrans à des fins récréatives (une heure par jour) pourrait diminuer le risque de dépression.

En tant que parent, je dois admettre qu’il m’arrive de laisser mes enfants devant leurs écrans pour garder mon sang-froid. Par exemple, les limites habituelles n’ont pas fait long feu le jour où nous sommes restés coincés dans l’avion avant le décollage, cloués au sol pendant trois heures à cause de problèmes mécaniques.

Cela dit, nous savons tous qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses. Le document de principes établit un lien entre un usage excessif et une augmentation des activités sédentaires, un gain de poids et des préoccupations quant à l’image corporelle. Dans le cas des adolescents, il fait état d’une association, faible mais non négligeable, entre usage excessif et sentiments dépressifs. S’il n’y a pas de recommandation précise quant au nombre d’heures maximal que les enfants d’âge scolaire et les adolescents devraient passer devant les écrans, que peuvent faire les parents? Poursuivez votre lecture pour découvrir quatre nouvelles recommandations de la Société canadienne de pédiatrie, ce que j’en pense et les ressources auxquelles vous pouvez accéder par l’intermédiaire de TELUS Averti.

1. Gérer l’utilisation des écrans : déterminer ce qui est permis, à quel moment et dans quelle proportion

TELUS Averti appuie les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie et invite les parents à établir des règles pour déterminer à quel moment les enfants peuvent utiliser des écrans et pour combien de temps, mais aussi quelles activités sont appropriées. Discutez avec vos enfants des situations où ils doivent obtenir la permission (p. ex. télécharger une application). Parlez-leur de ce qu’ils peuvent faire pour protéger leur vie privée et de l’importance de se respecter et de respecter les autres en ligne.

Il est aussi important d’aborder la question de l’utilisation de plusieurs médias à la fois (deux appareils ou plus simultanément). Le document de principes suggère qu’une telle pratique peut rendre l’apprentissage plus difficile et avoir une incidence sur les résultats scolaires. L’utilisation de plusieurs appareils à la fois peut également avoir une incidence sur la mémoire à court terme et l’attention des adolescents. En gros, les jeunes ne devraient pas regarder la télévision ou vérifier leurs comptes de médias sociaux pendant qu’ils font leurs devoirs!
Vous pourriez avoir l’impression que les règles encadrant l’utilisation des écrans entrent par une oreille et sortent par l’autre, mais je vous assure qu’elles peuvent réellement changer la donne. Selon les recherches effectuées par HabiloMédias, les enfants ayant des règles pour l’utilisation d’Internet sont moins susceptibles de communiquer leurs coordonnées, visiter des sites de jeux d’argent, chercher de la pornographie et parler à des étrangers en ligne. À tout le moins, les règles peuvent les aider à maintenir un bon équilibre entre le temps passé à l’écran et les autres activités, et même leur permettre d’avoir une bonne nuit de sommeil. Jetez un coup d’œil à l’Entente sur l’utilisation des téléphones intelligents de TELUS Averti, que vous pourrez passer en revue et signer avec vos enfants pour convenir des règles de base entourant l’utilisation appropriée des téléphones intelligents (ou de l’Internet).

2. Rendre le temps d’écran utile : choisir du contenu pertinent et éducatif

Tout temps d’écran n’a pas la même qualité. Veillez à ce que vos enfants participent à des activités adaptées à leur âge et favorisez celles qui ont une valeur active, sociale ou éducative. Les enseignants peuvent recommander des sites web et des applications propices à l’apprentissage. N’hésitez pas à les consulter pour vérifier s’ils sont appropriés. En laissant votre enfant vous montrer ce qu’il fait en ligne, vous ouvrez la porte à des conversations sérieuses sur la sécurité numérique et la vie privée, mais aussi sur la valeur du temps qu’il passe en ligne.

Consultez la fiche-conseil Gérer les écrans dans votre maison de TELUS Averti pour découvrir comment maximiser l’utilisation saine des écrans.

3. Donner l’exemple : instaurer des moments sans écran, surtout pendant les repas

L’expression « prêcher par l’exemple » s’applique bien à l’utilisation des technologies et du temps d’écran. Si vous ne voulez pas que votre enfant utilise son téléphone à table ou dans sa chambre, donnez l’exemple. Le message passera mieux si vous suivez vous-même les règles établies. Vous pourrez également vous éviter les querelles qui ne manqueront pas de survenir lorsque votre préado ou votre ado vous demandera pourquoi vous faites quelque chose que vous lui refusez.

4. Surveiller le temps d’écran : savoir ce que les enfants font en ligne, et quand s’inquiéter

Discuter régulièrement avec votre enfant de ses activités en ligne, préapprouver le contenu et les applications qu’il utilise et participer au monde numérique avec lui sont certains d’excellentes façons de savoir ce qui se passe sous votre toit pendant le temps d’écran. En plus de connaître ce que vos enfants font et le contenu qu’ils consomment, vous devez savoir quand il y a lieu de vous inquiéter d’une utilisation excessive des écrans. La Société canadienne de pédiatrie dresse une liste de certains signes à surveiller, qui pourraient indiquer que le temps d’écran est problématique :

  • S’ennuyer ou être malheureux sans les technologies.
  • Comportement difficile face aux limites de temps d’écran.
  • Temps d’écran ayant une incidence sur le sommeil, les résultats scolaires ou les interactions en personne.
  • Temps d’écran nuisant au jeu hors ligne, aux activités physiques, aux échanges sociaux ou au sommeil.
  • Émotions négatives après l’utilisation d’écrans.

Si vous décelez un de ces signes chez votre enfant, il est recommandé de consulter son médecin pour obtenir de l’aide.

Le document de la Société canadienne de pédiatrie est une véritable mine d’informations. Il y a beaucoup de contenu à assimiler, mais deux principaux messages s’en dégagent. D’abord, toutes les familles ont des besoins différents. Ensuite, en ce qui concerne les enfants d’âge scolaire et les adolescents, ce n’est pas seulement le temps d’écran qui importe, mais l’utilisation qui en est faite.

Notre fiche-conseil Gérer les écrans dans votre maison explique aux parents comment différencier une activité à l’écran positive d’une activité négative en prenant en compte les trois C : contenu, conduite et contexte.

Pour en savoir plus, lisez le document de principes sur le site de la Société canadienne de pédiatrie ou téléchargez notre guide, Aider nos jeunes à naviguer notre monde numérique.

Mots-clés:
Enfants et technologie
Santé mentale
Temps passé à l’écran
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