Un employé de Flash Forest pilote un drone qui larguera des capsules de semences dans le sol, plantant ainsi des millions d’arbres dans des sites ravagés par les incendies.

Environnement

Les drones et l’IA participent à la lutte contre les incendies de forêt avec l’aide majeure d’investissements dans les réseaux

5 juin 2024
(Dessus) Un employé de Flash Forest pilote un drone qui larguera des capsules de semences dans le sol, plantant ainsi des millions d’arbres dans des sites ravagés par les incendies.
Cameron et Bryce Jones connaissent bien la crise des feux de forêt au Canada.
En 2003, les frères ont emménagé avec leur famille dans la région de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, cette dernière étant réputée pour ses vergers et ses vignobles. Quelques mois plus tard, un grave feu de forêt a détruit plus de 250 kilomètres carrés de terres et réduit en cendres près de 240 domiciles.
Le domicile des frères Jones a été épargné, mais pas leur cour. Pour eux, comme pour des dizaines de milliers d’autres personnes ayant survécu à la fumée et aux flammes, cet événement a été marquant sur le plan émotionnel.
Vingt ans plus tard, cette expérience a donné naissance à une idée révolutionnaire, s’inscrivant dans la croissance de solutions technologiques susceptibles de jouer un rôle clé dans la lutte contre les feux de forêt. Ces solutions s’étendent de la détection précoce d’un feu de forêt au reboisement.
Les frères Jones sont à la tête de
Flash Forest
, une jeune entreprise de reboisement basée à Toronto, laquelle utilise l’IA, des drones et la science écologique pour planter des arbres rapidement, à grande échelle et sur des sites ravagés par des incendies. Il leur a fallu près de 4 ans et plus de 100 « recettes » différentes pour mettre au point les capsules de semences parfaites, capables de germer même dans des conditions de sécheresse.
Ils mettent les capsules dans des drones, qui, depuis les airs, peuvent les larguer au sol à un rythme d’environ 20 capsules par seconde. Flash Forest lance aujourd’hui jusqu’à un million de capsules de semences chaque jour et a pour objectif de passer à l’échelle supérieure et de planter un milliard d’arbres au Canada au cours des prochaines années.
« Nous voulons transformer la façon dont sont plantés les arbres », explique Cameron Jones, cofondateur et chef de l’exploitation de Flash Forest.
Des innovations comme celles-ci arrivent à point nommé.
L’année dernière, les flammes ont atteint des niveaux record au Canada, brûlant près de 25 000 kilomètres carrés de terres et forçant au moins 33 000 personnes à quitter leur domicile rien qu’en Colombie-Britannique. Partout au pays, 18,5 millions d’hectares de terre, soit 5 pour cent de la superficie forestière totale du Canada, ont été ravagés par des incendies en 2023, un
record historique
.
Quatre personnes ont perdu la vie en combattant les incendies, plus de 150 000 personnes ont été déplacées et les fumées étouffantes ont déclenché des alertes sur la qualité de l’air en Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Alberta et en Colombie-Britannique.
Vivant un printemps exceptionnellement chaud et sec, la Colombie-Britannique
se prépare déjà
à un début précoce de la saison 2024 des incendies de forêt, la province exhortant les habitants à commencer à se préparer au pire des scénarios.
Bien entendu, les solutions numériques requièrent des réseaux puissants pour permettre l’obtention des résultats escomptés. Flash Forest utilise les réseaux de pointe de TELUS, permettant à Cameron Jones et son équipe d’utiliser efficacement leurs drones, souvent dans des régions extrêmement éloignées où beaucoup de feux de forêt font rage. La connectivité rapide et fiable du réseau leur permet de collecter des données en temps réel sur le terrain et d’utiliser ces données pour approfondir leurs recherches, peaufiner leur approche et, à terme, améliorer les chances de réussite des capsules.
Cela signifie plus d’arbres, chacun constituant une étape essentielle dans l’inversion du changement climatique. Les arbres absorbent et stockent naturellement le dioxyde de carbone, ce qui réduit les gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et ils régulent les précipitations, ce qui contribue à prévenir les phénomènes extrêmes, comme les incendies de forêt, les inondations et les sécheresses.
Un capteur de Dryad Networks prêt à détecter les premiers signes d’un feu de forêt.

Un capteur de Dryad Networks prêt à détecter les premiers signes d’un feu de forêt.

Des connexions fiables, résilientes et plus rapides

TELUS, par l’intermédiaire de son
Fonds pollinisateur de TELUS pour un monde meilleur
, a déjà investi près de 50 millions de dollars dans de jeunes entreprises innovantes, dont Flash Forest, qui sont à l’origine de changements sociaux et environnementaux visant à rendre le monde meilleur.
Animée par la conviction que le profit doit avoir une vocation sociale, TELUS fournit également à ces acteurs du changement la connectivité dont ils ont besoin en investissant 73 milliards de dollars pour effectuer une mise à niveau des infrastructures de réseau dans tout le Canada d’ici 2028.
« Les télécommunications sont un service essentiel dans les meilleurs moments, et un service de première importance dans les pires », affirme Nazim Benhadid, chef des services technologiques à TELUS. Il ajoute que des réseaux fiables sont cruciaux pour garantir que les personnes touchées et les travailleurs de première ligne entretiennent le lien, et que les Canadiens puissent accéder à de l’information essentielle pendant la saison des feux de forêt et d’autres épisodes climatiques.
Une partie de cet investissement est consacrée au renforcement des réseaux de TELUS afin qu’ils soient encore plus résistants et fiables face à la crise climatique. Il s’agit notamment d’investir de manière proactive dans l’Internet par fibre optique, la technologie Internet la plus durable au Canada. La fibre optique est non seulement 85% plus économe en énergie que le cuivre, mais elle est aussi plus résistante aux facteurs environnementaux, ce qui la rend plus fiable et moins sujette aux pannes ou aux interruptions en cas d’urgences météorologiques graves.
« Il est important pour nous que la croissance de notre empreinte numérique ne soit pas la même que la croissance de notre empreinte physique. La transition du cuivre à la fibre optique a déjà permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 7 400 tonnes. De plus, cette transition nous a permis de recycler et de réutiliser plus de 3 600 tonnes de cuivre, compensant ainsi la nécessité d’extraire du minerai de cuivre », explique Nazim Benhadid.
TELUS améliore également son réseau 5G avec la
technologie de réseau d’accès radio ouvert (Open RAN)
partout au Canada, créant ainsi des connexions plus fiables, adaptables et rapides, tout en réduisant la consommation d’énergie.
En outre, en réponse directe aux urgences climatiques, l’entreprise a construit des composants en double dans son infrastructure de fibre optique afin de garantir la connectivité. En 2021, par exemple, l’inondation causée par la « rivière atmosphérique » en Colombie-Britannique a endommagé deux des voies de transport de TELUS, les principales voies de transmission de données sur de longues distances, qui relient la Colombie-Britannique à l’Alberta. Mais comme TELUS disposait d’une troisième voie de transport en plus, les communications dans l’ouest du Canada ont pu être maintenues.
« La construction de ces autoroutes de connectivité entre les provinces est très coûteuse, déclare Nazim Benhadid. En temps normal, nous n’en aurions eu besoin que d’une, mais nous en avons construit trois, car nous savions que cette région était sujette aux glissements de terrain, aux inondations et aux incendies. »
Depuis 2000, TELUS a investi plus de 259 milliards de dollars dans la construction et l’entretien d’infrastructures de réseau au Canada.

Des raisons d’espérer

Dans le portefeuille du Fonds pollinisateur de TELUS, en plus de Flash Forest, on retrouve
Dryad Networks
, une jeune entreprise basée à Berlin. Cette dernière propose une technologie de détection ultra-précoce des feux de forêt ainsi que des solutions de surveillance de la santé et de la croissance des forêts publiques et privées grâce à l’utilisation de capteurs à énergie solaire dans des réseaux maillés à grande échelle de l’Internet des objets (IdO).
Cette année déjà, les petits capteurs hexagonaux verts de Dryad Networks ont été déployés sur 85 hectares autour de Yale, en Colombie-Britannique, une collectivité située sur le fleuve Fraser, à mi-chemin entre Vancouver et Kelowna. Les capteurs font partie d’un projet pilote canadien visant à faciliter la détection des incendies de forêt et, à terme, leur extinction avant qu’ils ne dégénèrent en dangereux feux de forêt.
« Nous créons des réseaux à énergie solaire à moindre coût dans la forêt », explique Carsten Brinkschulte, président et chef de la direction de Dryad Networks.
Carsten Brinkschulte affirme que les réseaux mobiles de TELUS sont essentiels à sa technologie, puisque Dryad compte sur ces réseaux pour connecter les capteurs de premiers signes de feu de forêt à l’Internet.
« Il est rare que les opérateurs mobiles aient une justification commerciale valable pour étendre leur infrastructure réseau dans les profondeurs des forêts où il n’y a pas d’utilisateurs de téléphones intelligents, explique-t-il. Mais sans la connectivité qu’ils fournissent, nous ne pourrions rien faire. C’est pourquoi TELUS est un partenaire clé pour nous. »
À mesure que les Canadiens et le monde se préparent à ce qui devrait être une nouvelle saison dangereuse des incendies de forêt, des pionniers comme Carsten Brinkschulte et Cameron Jones insistent sur le fait qu’il y a des raisons d’espérer.
L’année dernière, Cameron Jones et son équipe sont retournés en Alberta et en Colombie-Britannique, ainsi que dans la région de l’Okanagan, pour voir comment se portaient les arbres qu’ils avaient plantés pour la première fois en 2022. Ils ont découvert de jeunes sapins de Douglas, des épinettes hybrides et des pins gris de la taille d’une paume de main, au nombre de 135 000.
« Quatre-vingt-dix pour cent des arbres que nous avions plantés ont poussé, même après deux étés de sécheresse, déclare Cameron Jones. C’est une grande victoire pour nous. »
En 2023, Flash Forest a planté un million d’arbres avec une technologie encore plus performante et de meilleures capsules de semences, ce qui laisse présager un taux de réussite encore plus élevé.
« Je sais que les incendies de forêt sont un sujet sensible pour les Canadiens, affirme-t-il. Mais nous devons être optimistes, car il existe des options. »

Cet article a été publié initialement dans le
The Globe and Mail
.