Sécurité et vie privée / 15 octobre 2026

Partage d’emplacement, mots de passe et maisons intelligentes : quand la technologie devient un outil de violence envers les femmes

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Une personne qui regarde son téléphone intelligent.

Selon Statistique Canada, près d’une femme canadienne sur cinq a été victime de harcèlement en ligne. Les préjudices en ligne peuvent cependant prendre de nombreuses formes. Dans un contexte de relations abusives, la technologie du quotidien peut aussi servir à étendre le contrôle — permettant à un ex-partenaire ou à un partenaire actuel de surveiller, d’intimider et de contrôler quelqu’un à distance.

Le harcèlement au moyen du GPS ou des réseaux sociaux, contraindre un partenaire à partager ses mots de passe, intervenir sur le plan de la surveillance et du suivi, de même que l’utilisation abusive d’appareils domotiques sont des formes de violence fondée sur le sexe facilitée par la technologie. La technologie peut permettre à un auteur de violence de suivre virtuellement une personne survivante 24 heures par jour et 7 jours sur 7, y compris dans des lieux traditionnellement considérés comme sûrs, comme le domicile.

Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par la violence fondée sur le sexe, tandis que les femmes, les filles et les jeunes de diverses identités de genre font face à des risques accrus en ligne.

La technologie peut, en soi, sembler ordinaire. Mais lorsque l’accès numérique sert à surveiller ou à intimider, il peut en résulter un sentiment constant de surveillance.

« Je me sentais observée », a déclaré Ashleigh Rae-Thomas, qui a partagé son expérience de haine en ligne avec YWCA Canada dans le cadre de son travail sur la violence fondée sur le sexe en ligne.

Où se termine la connexion et où débute le contrôle, dans ce cas?

1. Reconnaître les situations dans lesquelles la connexion devient du contrôle

Le fait de partager un emplacement, des mots de passe ou un compte familial n’est pas intrinsèquement nuisible. Lorsque cet accès n’est plus volontaire ou sert à surveiller, intimider ou contrôler quelqu’un, il y a alors lieu de se méfier.

Si un partenaire s’attend à disposer d’un accès constant aux messages ou aux comptes, fait pression sur une personne pour qu’elle partage un mot de passe ou devient agressif lorsque la fonction de partage d’emplacement est désactivée, peut-être la technologie sert-elle d’outil de contrôle.

Lorsque la technologie sert à surveiller les déplacements de quelqu’un, à exiger un accès constant ou à punir cette personne pour avoir fixé des limites, cela peut faire partie d’un schéma de contrôle coercitif.

2. Ne pas se limiter au simple téléphone

L’abus facilité par la technologie peut s’étendre bien au-delà des textos et des réseaux sociaux. Les serrures intelligentes, les caméras, les voitures connectées, les services de localisation familiaux, les appareils des enfants et les comptes infonuagiques partagés peuvent fournir des informations sur l’endroit où se trouve une personne, ce qu’elle fait ou avec qui elle communique.

YWCA Canada s’emploie depuis longtemps à lutter contre la violence numérique fondée sur le sexe. Avec Bloquons la haine, l’organisation s’est intéressée à la haine en ligne, à la cyberviolence et à leurs impacts fondés sur le sexe avec des jeunes et des personnes survivantes. Grâce à Pas en ligne. Pas sur le campus., elle a développé des ressources pour aider les communautés à réagir à la violence sexuelle facilitée par la technologie.

3. Faire passer la sécurité avant toute solution rapide

Si quelqu’un soupçonne qu’il est surveillé, il peut sembler logique de changer immédiatement un mot de passe, de désactiver le partage d’emplacement, de supprimer une application ou de déconnecter un appareil. Mais un changement soudain peut alerter la personne qui cause du tort et augmenter le risque d’escalade.

Il n’existe pas de liste de contrôle universelle en matière de sécurité numérique. Avant d’apporter des changements, il est important d’évaluer ce qui est le plus sûr et, si possible, de chercher du soutien auprès d’un service d’aide aux victimes ou d’une organisation de lutte contre la violence conjugale. Lorsqu’il est possible d’agir en toute sécurité, la révision de l’accès aux comptes, le renforcement des paramètres de sécurité ou la documentation des incidents figurent parmi les gestes qui peuvent être posés.

L’objectif est d’accroître la sécurité sans augmenter les risques.

4. Se rappeler que la responsabilité n’incombe pas aux femmes

Les conseils en matière de sécurité numérique mettent souvent l’accent sur ce que les personnes peuvent faire : utiliser des mots de passe plus robustes, renforcer les paramètres de protection de la vie privée ou partager moins d’informations. Si ces mesures peuvent être utiles, elles ne devraient pas faire peser la responsabilité de la prévention de la violence sur la personne qui en est victime.

Le travail que mène YWCA Canada sur la question des préjudices en ligne souligne la nécessité d’aller au-delà des approches qui demandent aux personnes les plus à risque de « se protéger ». La violence facilitée par la technologie exige également des mesures de la part des plateformes, des institutions, des décideurs politiques et des communautés.

La responsabilité de la violence incombe à la personne qui a recours à la technologie pour intimider ou contrôler quelqu’un voire lui faire du tort.

5. Soutenir sans prendre le contrôle

Si une personne peut être victime de violence facilitée par la technologie, commencez par l’écouter, la croire et lui demander de quel type de soutien elle a besoin.

Les amis et la famille devraient éviter de faire pression sur la personne pour qu’elle confronte l’auteur des actes, qu’elle ferme un compte ou qu’elle supprime un appareil. Il se peut en effet qu’elle ne puisse simplement se déconnecter pour des raisons importantes liées à la sécurité. Le soutien devrait élargir les choix qui s’offrent à une personne survivante, non les réduire.

La portée de la violence facilitée par la technologie ne se limite également pas au harcèlement criminel ou au contrôle coercitif. À mesure que la technologie évolue, se multiplient également les façons dont elle peut être utilisée pour faire du tort aux femmes, aux filles et aux personnes de diverses identités de genre : qu’il suffise de penser aux images intimes non consensuelles et aux hypertrucages générés par l’IA, au trollage, au harcèlement et à la haine en ligne fondée sur le sexe.

Le monde numérique n’est pas distinct du monde réel. Comme l’a affirmé YWCA Canada : « Il n’y a pas d’espace virtuel distinct détaché du "monde réel" ; ce qui se passe en ligne se passe hors ligne. »

Cette Semaine sans violence nous offre l’occasion d’examiner de plus près la technologie intégrée à la vie quotidienne – et la façon dont elle peut influencer la manière dont la violence fondée sur le sexe atteint les gens. Pour en apprendre plus sur le travail de YWCA Canada en matière de violence fondée sur le genre et de préjudices numériques, visitez YWCA Canada et abonnez-vous à L’agenda féministe.

Pour plus d’informations sur la violence facilitée par la technologie, consultez ce guide TELUS Averti.

Mots-clés:
Santé mentale
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