
Médias sociaux
Comprendre le mouvement de la « génération anxieuse »
L’anxiété chez les adolescents selon J. Haidt, les solutions au temps d’écran, et pourquoi les gouvernements interdisent les médias sociaux aux jeunes.
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Amanda Lee
Conseillère principale, Programmes, Technologies pour l’avenir et TELUS Averti

C’est un comportement assez typique pour la plupart d’entre nous en ligne. On fait défiler, défiler et encore défiler. On s’arrête quelques secondes pour regarder un influenceur parler d’une nouvelle tendance santé, interpréter les dernières nouvelles ou dévoiler des potins croustillants sur une célébrité. On ne s’en préoccupe pas trop. Jusqu’à ce qu’on voie un autre créateur raconter une histoire similaire. Puis un autre. Puis encore un autre. Des comptes différents. Les mêmes idées. De plus en plus convaincantes à chaque fois.
C’est souvent ainsi que les théories du complot se propagent en ligne de nos jours. Pas toutes en même temps et pas de façon évidente. Subtilement, vidéo après vidéo, commentaire après commentaire. Selon une récente recherche du Media Ecosystem Observatory (MEO), fruit d’une collaboration entre l’Université de Toronto et l’Université McGill, les fils d’actualité des médias sociaux au Canada sont saturés de contenu lié aux théories du complot.
Bien que la plupart des gens reconnaissent une théorie du complot lorsqu’ils en voient une, une exposition prolongée et répétée peut ébranler la confiance envers le gouvernement et les institutions sociales. Il est important de nous rappeler, à nous et à nos enfants, que tout ce qu’on voit en ligne n’est pas forcément vrai et qu’il faut apprendre à distinguer le vrai du faux.
Selon verywellmind, une théorie du complot« rejette l’explication officielle d’un événement et attribue plutôt les responsabilités d’un complot à un groupe ou à une organisation secrets. »
La recherche a cerné cinq caractéristiques clés d’une théorie du complot :
Les théories du complot s’enracinent généralement pendant une crise, lorsqu’il y a beaucoup d’incertitude et que les gens se sentent anxieux ou instables. Même si les informations peuvent sembler tirées par les cheveux, les gens s’accrochent à toute explication claire qui peut les aider à donner un sens à des événements complexes.
Le MEO a interrogé près de 1 200 Canadiens anglophones et a analysé 14 millions de publications entre 2023 et 2025 provenant de comptes pertinents au Canada sur X, TikTok, Instagram et Bluesky.
Les chercheurs se sont penchés sur plusieurs théories du complot qui ont inondé nos fils d’actualité, notamment :
Voici quelques-unes des principales conclusions de la recherche :
Bien que l’exposition et la sensibilisation aux théories du complot sur les médias sociaux soient élevées, les Canadiens hésitent encore à y adhérer totalement. La théorie du complot la plus largement acceptée est l’endoctrinement de genre, avec seulement 21 % des répondants indiquant qu’ils la croient vraie. Il est également intéressant de noter qu’une grande partie du contenu complotiste (68 %) provient d’à peine 100 comptes qui génèrent 90 % des vues et 80 % des mentions « J’aime ».
Considérant que 44 % des Canadiens s’informent par l’intermédiaire des médias sociaux (et considèrent Elon Musk, Joe Rogan, Tucker Carlson, Brian Tyler Cohen et Donald Trump comme des sources d’information), la pensée critique est plus importante que jamais.
Les théories du complot existent depuis toujours, mais les médias sociaux accélèrent leur propagation et leur portée. Bien qu’il soit très facile de faire défiler sans réfléchir et d’aimer ou de partager au hasard, faire une pause est la première étape pour ralentir la propagation. Demandez-vous : que dit réellement cette personne? Est-ce vrai? Existe-t-il des preuves? Je me demande ce qu’en pensent ma mère, mon père, mes grands-parents, mon enseignant ou mon meilleur ami? Se poser des questions intentionnellement plutôt que de faire défiler sans réfléchir est une excellente habitude qui peut vous aider, vous et vos enfants, à renforcer votre résilience face à la désinformation et aux théories du complot qui se propagent en ligne.

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