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TELUS Impact Social
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Les adolescents de Winnipeg s’attaquent aux questions de race et de racisme dans un monde en évolution

31 mai 2021

(AU-DESSUS)  Dans le cadre du programme Stand Up to Racism Together de l’organisation N.E.E.D.S. de Winnipeg, les jeunes nouvellement arrivés ont créé une série d’affiches destinées aux médias sociaux, explorant ce que représente le racisme pour eux. Cette affiche de Jessalie Macam attire l’attention sur le travail des enfants à l’étranger et rend hommage aux victimes de l’effondrement d’une usine textile au Bangladesh, qui a fait plus de 1 000 morts.

Il y a trois ans William Onuntwo a immigré au Canada de l’Afrique du Sud et il se souvient encore clairement des premières semaines à sa nouvelle école secondaire.

« Je suis arrivé ici et les autres étudiants me disaient “Tu viens d’Afrique? Est-ce que tu dors avec les lions?” », se rappelle Onuntwo, aujourd’hui étudiant en 12e année.

À l’époque, il a rapidement essayé de remettre les pendules à l’heure et d’éduquer ses nouveaux camarades de classe.

Heureusement, le jeune de dix-sept ans indique que les choses ont beaucoup évolué au cours des dernières années.

En participant au programme de N.E.E.D.S., William Onuntwo est ravi d’aider les autres à être mieux informés et à réfléchir à ce qu’ils disent et font lorsqu’il est question de la race.

Auparavant, les remarques « idiotes » ou les microagressions fondées sur la race étaient considérées comme des plaisanteries. Le meurtre de George Floyd par un policier à Minneapolis, tout comme un certain nombre d’autres cas de brutalité policière à l’encontre d’Afro-Américains et de crimes haineux visant des personnes autochtones, noires et de couleur au Canada l’an dernier ont eu pour conséquence involontaire de susciter une plus grande prise de conscience du racisme au quotidien dans de nombreux endroits du monde, y compris au Canada.

Selon M. Onuntwo, de nombreux Canadiens essaient maintenant d’être mieux informés et de réfléchir davantage à ce qu’ils disent et font lorsqu’il est question de la race.

Dénoncer le racisme

L’adolescent de Winnipeg s’est engagé à contribuer à cette évolution positive. Il est membre d’un groupe de plus d’une douzaine de jeunes qui participent à « Stand Up to Racism Together », un programme de huit semaines organisé par le centre Newcomers Employment and Education Development Services (N.E.E.D.S.) Inc., un organisme de bienfaisance local sans but lucratif.

Le programme a obtenu une subvention de 15 000 $ de la Fondation TELUS pour un futur meilleur, un organisme de bienfaisance enregistré indépendant qui vient en aide aux infrastructures locales et aux organismes locaux partout au pays.

Dans le cadre de ce programme, les jeunes, de nouveaux arrivants au Canada âgés de 15 à 21 ans, apprennent à reconnaître le racisme, les stéréotypes et le stress qui en découle. Ensuite, en collaboration avec un graphiste professionnel, ils ont chacun créé une affiche responsabilisante pour les médias sociaux, explorant ce que le racisme signifie pour eux.

William Onuntwo décrit son affiche comme une reprise du symbole du poing levé associé au mouvement Black Lives Matter, mais qui réunit, au lieu d’un seul poing, plusieurs mains de différentes races.

M. Onuntwo décrit son affiche comme une reprise du symbole du poing levé associé au mouvement Black Lives Matter, réunissant plusieurs mains de différentes races au lieu d’un seul poing.

« Si nous pouvons nous rassembler et travailler ensemble, il y aura un énorme changement dans le monde », déclare-t-il.

Selon Ebyan Warsame, intervenante psychosociale à N.E.E.D.S., le programme a joué un rôle inestimable dans la création d’un endroit sûr où les jeunes peuvent parler de leurs expériences communes du racisme.

« Beaucoup de jeunes n’ont pas accès à un tel endroit à l’école et ne peuvent avoir de telles discussions avec des gens qui peuvent s’identifier à eux, sans jugement, dit-elle.

C’est un endroit sûr. Ils ont un système de soutien entre eux. »

Un endroit sûr

Les jeunes qui participent au programme viennent du monde entier, y compris de l’Érythrée, du Nigeria, du Congo, des Philippines et de la Syrie. Ils ont tous parlé de stéréotypes injustes, de professeurs qui n’apprennent pas à prononcer correctement leur nom, ou du fait qu’on leur dit que leur nourriture sent mauvais.

Selon Mme Warsame, la capacité pour les jeunes de parler ouvertement avec leurs pairs est particulièrement importante en ce moment, compte tenu de toutes les difficultés auxquelles ils sont confrontés pendant la pandémie de COVID-19.

« À cause de la pandémie, beaucoup de personnes se sont senties plus isolées ces derniers temps et n’ont pas pu parler à des gens ou être en groupe comme avant », a-t-elle déclaré.

Le programme a également été utile pour apprendre aux participants à utiliser des logiciels informatiques comme Adobe Photoshop et Illustrator.

Elle dit que la majorité des jeunes n’avaient jamais utilisé ces logiciels et ont été étonnés de pouvoir transformer leurs idées en une œuvre d’art à partager en ligne.

Margaret von Lau, présidente et chef de la direction de N.E.E.D.S. raconte que la mission du centre, en activité depuis plus de 20 ans, est de fournir un soutien en matière d’éducation, d’emploi et de santé mentale aux jeunes et adultes nouveaux arrivants.

Les programmes gérés par le centre couvrent tous les domaines, de l’orientation professionnelle aux cours d’anglais, en passant par la préparation des enfants à l’entrée dans le système scolaire canadien.

Mme Von Lau a créé le centre avec une amie après avoir immigré de Pologne. Mère célibataire hautement éduquée, elle n’arrivait pas à trouver d’emploi dans son domaine au Canada.

Depuis, le centre a aidé d’innombrables nouveaux arrivants, dont des ingénieurs et médecins dans leur pays d’origine, à trouver un emploi approprié au Canada. Aujourd’hui, le centre aide exclusivement les jeunes et les enfants des nouveaux arrivants.

Selon Mme Von Lau : « L’emploi donne aux gens la dignité, l’indépendance et la possibilité de s’épanouir. »

Jessalie Macam, 20 ans, participe au programme parascolaire de N.E.E.D.S. pour les jeunes depuis trois ans.

Originaire des Philippines, elle raconte que le centre l’a aidée à obtenir un emploi dans un cinéma, où elle travaille encore aujourd’hui pendant ses études universitaires.

Dans le cadre de son projet artistique, Mme Macam a voulu braquer les projecteurs sur le travail des enfants à l’étranger et rendre hommage aux victimes de l’effondrement d’une usine textile au Bangladesh, qui a fait plus de 1 000 morts.

Jessalie Macam, 20 ans, attribue à un programme parascolaire géré par N.E.E.D.S. le mérite de l’avoir aidée à atteindre ses objectifs de vie, notamment à trouver un travail qui lui plaît dans un cinéma pendant ses études.

Cette histoire la touche encore aujourd’hui, et elle espère que son projet pourra faire la lumière sur les inégalités en matière d’emploi à l’étranger.

« Ce projet artistique est très important, car il permet à des jeunes comme moi de s’exprimer », a-t-elle déclaré.

La Fondation TELUS pour un futur meilleurMC offre à un plus grand nombre de Canadiens la possibilité d’atteindre leur plein potentiel, pour s’assurer que personne, plus particulièrement ceux qui en ont le plus besoin, n’est laissé pour compte. Ensemble, nous pouvons aider les collectivités à s’épanouir. Pour en savoir plus, visitez futurmeilleur.com


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Linda Nguyen

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