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TELUS Impact Social
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Pour les entrepreneurs, l’investissement à vocation sociale est bien plus qu’une source de financement

7 avr. 2022

Bobbie Racette savait qu’elle perdrait bientôt son emploi. En 2016, l’industrie gazière et pétrolière, encline au cycle expansion-récession, était en plein ralentissement.

Bobbie Racette savait qu’elle perdrait bientôt son emploi. En 2016, l’industrie gazière et pétrolière, encline au cycle expansion-récession, était en plein ralentissement.

Bobbie, qui était contremaître dans le secteur de l’énergie à Calgary, craignait pour son poste.

Au cas où le pire arriverait, elle a donc décidé de créer une page Web pour annoncer ses services d’adjointe administrative virtuelle, et a commencé à accepter des clients. Ses journées étaient épuisantes :

« Je travaillais 12 heures par jour comme contremaître. Ensuite, je retournais au camp, je mangeais, puis je travaillais pendant quatre à six heures dans ma chambre. Après quelques heures de sommeil, je recommençais. »

Mais quand l’inévitable s’est produit, Bobbie était prête à se lancer à temps plein dans sa nouvelle carrière. Mieux encore : elle s’est aperçue que son idée avait du potentiel.

C’est ainsi que Bobbie a fondé Virtual Gurus, le plus vaste réseau nord-américain d’adjoints administratifs virtuels, qui s’est donné pour mandat d’aider les groupes marginalisés. L’entreprise a une mission : préconiser la diversité et l’inclusion. Concrètement, son effectif contractuel est composé à 95 % de femmes, à 65 % de personnes noires, autochtones ou racisées, et à 45 % de personnes issues de la communauté LGBTQ2+. En tant que femme autochtone et que membre de ladite communauté, l’entrepreneure tient beaucoup à cette mission.

Bobbie Racette anime la soirée de lancement organisée par Startup Calgary et Calgary Economic Development en 2021. PHOTO ENVOYÉE

Mais passer de l’idéation à la croissance n’a pas été chose facile : au début, Bobbie a eu du mal à trouver des investisseurs qui adhéraient à sa vision et à sa proposition de valeur.

Après avoir essuyé quelque 170 refus en quatre ans, elle a décidé de changer d’approche : au lieu de chercher du financement dans le secteur de la haute technologie, elle s’est tournée vers des investisseurs à vocation sociale qui comprenaient son entreprise et sa raison d’être.

Un jour, elle a composé le numéro de Raven Capital, le premier fonds de capital de risque appartenant à des Autochtones et dirigé par des Autochtones, qui a clôturé une campagne de financement de 25 millions de dollars en mars 2021. Raven Capital est devenu l’investisseur-chef de file de Virtual Gurus en injectant 750 000 $ en capital d’amorçage (2020), puis 700 000 $ dans le cadre d’un tour de financement de 1,7 million de dollars (2021).

Cette année, Virtual Gurus a clôturé un tour de financement combiné de série A non dilutif de 8,4 millions de dollars pour appuyer sa croissance. Grâce à l’apport d’un investisseur principal, le Fonds pollinisateur de TELUS pour un monde meilleur, et d’autres investisseurs clés, dont Raven Indigenous Capital Partners, The51, Houssian Foundation et Accelerate Fund, le financement de Virtual Gurus totalise maintenant 10,4 millions de dollars depuis février 2020.

Les fonds recueillis grâce au tour de financement de série A permettront à l’équipe d’intégrer l’apprentissage automatique aux secteurs à fort rendement de l’entreprise, tout en continuant d’élargir sa plateforme technologique. Épine dorsale de cette plateforme, l’algorithme de jumelage exclusif de l’entreprise est complété par un portail administratif, un portail client et un portail des assistants virtuels, qui offrent à chaque groupe une expérience hors pair.

Les fonds aideront aussi l’entreprise à poursuivre son expansion aux États-Unis, un marché qui représente actuellement 38 pour cent de ses revenus, comparativement à un maigre 3,6 pour cent il y a neuf mois à peine.

« Je trouve particulièrement emballant de pouvoir continuer à faire croître Virtual Gurus sans perdre de vue notre mission première : l’avancement des communautés sous-représentées », explique Bobbie, qui continue de diriger l’entreprise à titre de fondatrice et directrice générale.

Les politiques du gouvernement creusent davantage le fossé numérique au Canada et empêchent certaines régions de bénéficier d’une connexion internet optimale.

Donner au suivant

L’expérience de Bobbie montre qu’il est important de trouver des investisseurs avec qui on a des valeurs communes, et que de tels partenariats ont un effet multiplicateur. Les fonds comme Raven Capital et le Fonds pollinisateur de TELUS pour un monde meilleur misent sur le financement à risque pour encourager la participation économique des entrepreneurs autochtones. Avec l’appui d’investisseurs qui partagent ses valeurs, Bobbie peut faire croître son entreprise et créer des emplois pour les personnes marginalisées.

L’investissement à vocation sociale est en hausse. Selon le Global Impact Investing Network, la valeur des actifs d’investissement à vocation sociale gérés, à l’échelle mondiale, s’élevait à 715 milliards de dollars en 2020. À l’heure où le Canada, entre autres pays, adhère au Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, des problèmes d’envergure comme la pauvreté et les changements climatiques exigent une approche englobante, notamment chez les sociétés investisseuses.

Un investissement représente bien plus qu’un montant d’argent. Au-delà du financement, trouver un investisseur à vocation sociale peut être formateur, souligne Bobbie.

Pour cette femme autochtone qui a eu du mal à faire financer son projet, l’investissement à vocation sociale tombait à point. Avec ses investisseurs, Bobbie a pu tisser des liens basés sur une confiance et un respect mutuels, et sur une compréhension profonde de la valeur de son entreprise.

« J’ai participé à des cercles de prière avec eux, raconte-t-elle. J’en ai retenu que je dois garder mes remèdes près de moi. » Ses remèdes sont sur son bureau : une photo de son chien, mort récemment, du foin d’odeur, un nécessaire de purification par la fumée (smudging) et quelques bougies faites à la main. Elle ajoute : « Ils m’ont appris à compter sur mes remèdes pour faire croître Virtual Gurus et à pleinement les intégrer à mes pratiques commerciales. »

Les retombées de l’investissement à vocation sociale vont bien au-delà des entreprises en quête de financement. En effet, d’autres entrepreneurs dont la réalité est comparable à celle de Bobbie voient Virtual Gurus croître et prospérer, et peuvent donc s’en inspirer. La chef d’entreprise constate d’ailleurs un effet de volant dans l’écosystème :

« Il y a de plus en plus d’investisseurs autochtones au Canada. Partout au pays, les accélérateurs d’entreprises essaient de quantifier l’influence des entrepreneurs autochtones et de la diversité. »

Le financement de Virtual Gurus a attiré l’attention. À preuve, Bobbie est une des lauréates du Report on Business Changemaker Award 2021 du Globe and Mail. Aujourd’hui, elle profite de sa visibilité pour aider ses pairs. Elle offre actuellement du mentorat à deux femmes autochtones ainsi qu’à d’autres entrepreneurs au sein d’accélérateurs canadiens.

« Chaque entreprise devrait donner au suivant en encourageant les autres à en faire autant, affirme-t-elle. Nous prouvons qu’il est à la fois possible d’être une entreprise axée sur les personnes et de connaître du succès dans le secteur des technologies, et nos investisseurs voient manifestement les choses du même œil. »

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