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Vous pensez que la santé numérique est la clé de votre avenir?

Personnel · 30 nov. 2020

En tant que fournisseur de services de communication, nous avons de plus en plus de difficulté à faire croître nos activités en raison de la banalisation des lignes traditionnelles, ainsi que des services à marge élevée de concurrents qui contournent notre réseau pour offrir une valeur ajoutée à bon nombre de nos clients dans les différents marchés verticaux que nous desservons.

Nous sommes tous à la recherche de la prochaine vague de croissance qui aura une incidence importante sur nos revenus globaux. Compte tenu de divers facteurs, nous sommes nombreux à considérer la santé numérique comme un marché vertical attrayant.  On cite souvent deux facteurs en particulier qui favorisent la numérisation de la santé : l’évolution démographique, soit la prévalence de la catégorie des 65 ans et plus, et la croissance du coût des soins que ces personnes reçoivent.

« Mais le secteur de la santé est complexe, surtout celui des fournisseurs de soins de santé. C’est un secteur très politisé.  Il comporte un risque important et semble nécessiter un engagement sérieux. »

Oui, oui, oui et oui.

Toutefois, examinons ces énoncés.  Même si ces facteurs peuvent signifier que seules les entreprises sérieuses doivent envisager ce domaine, il s’agit d’un secteur mondial évalué à 9 billions de dollars US. L’histoire démontre qu’une entreprise qui obtient un minimum de succès affiche des revenus très durables, un faible taux de désabonnement de la clientèle et une longue série de revenus récurrents.   Ainsi, une entreprise de santé numérique n’est pas une initiative à court terme, mais une fois établie, elle peut s’avérer très résistante aux difficultés économiques.

 « Pourquoi est-ce si complexe? »

La plupart des prestataires de soins de santé pourraient vous dire que l’une des principales causes, si ce n’est la cause la plus importante, de cette complexité est la fragmentation de nos systèmes (en fait, ce ne sont pas vraiment des systèmes).   Il s’agit ici de la fragmentation d’un système de santé en structures cloisonnées pour les différents traitements, de la fragmentation des renseignements de qualité en silos de données, ainsi que de la fragmentation entre les fournisseurs de soins (personnel infirmier, omnipraticiens, spécialistes, etc.). Par conséquent, nous n’acheminons pas toujours les bons renseignements, aux bonnes personnes, au bon moment.  Pour beaucoup, il s’agit de l’objectif PRINCIPAL pour le secteur des soins de santé. Toutefois, c’est facile à dire, mais très difficile à faire.

Cette fragmentation systémique est probablement le plus grand obstacle aux échanges de données.  C’est ce qui ressort clairement des mesures prises en réponse à la COVID-19 partout dans le monde. Nous avons été témoins des défis que représentent la production de renseignements de qualité à partir de données brutes et la transmission de ces renseignements aux bonnes personnes, au bon moment pour prendre de bonnes décisions.   Heureusement, le secteur de la santé a compris cela et s’attaque lentement à cette fragmentation systémique par ce qu’on appelle « l’interopérabilité ».

« Compte tenu de la prévalence des soins de santé publics, la politique et les gouvernements locaux ajoutent des risques. Quelle est l’utilité des fournisseurs de services de communication pour les gouvernements? »

La plupart des soins de santé sont dispensés localement en raison de leur nature. Par conséquent, il peut être difficile de faire confiance aux fournisseurs mondiaux de technologies numériques.  Puisque l’évolution technologique demeure plus rapide que l’élaboration des politiques par les gouvernements locaux (et cela se poursuivra), l’écart entre les politiques sur la protection de la vie privée, les politiques sur la définition du début de la vie et de la fin de vie ainsi que les politiques sur l’accès aux données et le consentement ne cesse de croître.   Si le gouvernement crée des politiques, il est contre-intuitif de penser qu’il peut s’adapter à la mise en œuvre de la technologie.   À cet égard, il semble que les fournisseurs de services de communication du secteur privé sont en meilleure posture pour intégrer l’innovation technologique et l’appliquer ensuite aux questions de santé locales.  On peut supposer que dans la plupart des pays, cette démarche ferait l’objet d’un partenariat, selon un cadre réglementaire établi par le gouvernement.

« Les fournisseurs de services de communication ont un rôle à jouer, mais peuvent-ils prendre leur place ou seront-ils contournés par les fournisseurs de plateformes? »

La mauvaise nouvelle, c’est que la fragmentation des systèmes de santé est très complexe et qu’elle tient rarement compte du fait que la plupart des soins de santé sont fournis hors des systèmes de fournisseurs officiels, mais plutôt dans les résidences, de façon autonome, c.-à-d. dans le marché des soins de santé grand public.  Il semble que les fournisseurs mondiaux de plateformes grand public font des acquisitions et des investissements accrus dans la santé numérique parce qu’ils trouvent qu’il s’agit d’un marché très attrayant, comme en témoignent les acquisitions et les investissements récents de Google, Apple, Amazon, Microsoft, Alibaba et Ping An.

Toutefois, les fournisseurs de services de communication ont bâti un secteur où ils éliminent les délais et les obstacles géographiques, en tirant parti de la technologique pour bâtir le meilleur réseau de télécommunications afin que les citoyens restent connectés.   N’est-ce pas là ce qui est nécessaire aux soins de santé locaux? Établir des liens entre les citoyens et les fournisseurs de soins locaux.  Que sont les entreprises de télécommunication, si ce ne sont pas des véhicules de transmission sécuritaire de renseignements entre plusieurs plateformes et appareils? Qui peut réellement exploiter une plateforme dans le domaine des soins de santé en mettant en contact les fournisseurs et les citoyens?  Qui peut exercer une influence politique suffisante pour bâtir un VRAI système de santé et créer une synergie entre un écosystème durable d’applications axées sur le mieux-être et la santé numérique?   Qui?

À notre avis, ces exploitants doivent présenter, dans une certaine mesure, les cinq caractéristiques suivantes :

  • Capacité opérationnelle : capacité d’exploiter, de fournir et de prendre en charge une plateforme technologique complexe.

  • Confiance : un statut d’entreprise de confiance est essentiel pour travailler dans un secteur réglementé (où se trouvent la plupart des occasions sur le marché).

  • Portée : capacité de faire le pont entre les consommateurs et les fournisseurs de services de santé à l’aide d’un modèle d’affaires axé sur l’utilisation d’une plateforme.

  • Modèle d’affaires : modèle existant qui permet à un exploitant de procéder à une expansion régionale.

  • Volonté d’investissement : volonté de réaliser des investissements stratégiques dans le développement d’une entreprise de santé numérique.

  • Capacité opérationnelle. Portée. Modèle d’affaires. Volonté d’investissement.  Les exploitants qui ne présentent pas ces caractéristiques compromettront le succès et la qualité de l’écosystème de soins de santé qu’ils construiront et la solidité globale d’un écosystème de partenaires qui, selon nous, est essentiel.

Les fournisseurs mondiaux de plateformes grand public ne présentent pas ces caractéristiques.  Il y a plus de 5 milliards de téléphones mobiles dans le monde, mais 50 % de la population n’a pas accès à des services de santé essentiels.  Les fournisseurs de services de communication semblent ici avoir l’occasion d’obtenir un avantage concurrentiel s’ils peuvent surmonter leur apparente aversion pour le risque et leur orientation à court terme. Sinon, les fournisseurs de plateformes contourneront votre réseau.

« Qu’est-ce que cela signifie? »

La leçon la plus importante que nous avons tirée durant les années où nous avons évolué dans le domaine de la santé est la suivante : la technologie n’est souvent qu’une partie de la solution.   Souvent, nous savons quoi faire, mais nous n’avons pas la volonté de le faire. Encore une fois, la pandémie fournit un bon exemple. Les technologies de soins de santé virtuels et de télésanté existent depuis près de dix ans.  Il a fallu la pandémie pour que naisse une réelle volonté de les utiliser.  Vous devez prendre un engagement stratégique à l’égard de la santé numérique, car ce n’est pas seulement la technologie qui compte.  Vous devez inspirer confiance. Vous devez être là non seulement aujourd’hui, mais aussi demain, et le jour suivant.  Compte tenu de sa complexité, le secteur de la santé évolue assez lentement et a besoin de solutions et de partenaires fiables. Les fournisseurs de services de communication comprennent ce qu’est un engagement stratégique, notamment en ce qui concerne la construction de leurs réseaux et leurs activités traditionnelles.  Peuvent-ils adopter cette approche dans un nouveau secteur d’activité?

En plus de cette importante leçon, nous avons appris que la croissance rentable d’une entreprise de santé numérique dépend sa façon de déployer la technologie afin de créer une dynamique de changement, de minimiser les risques technologiques, de réduire les obstacles aux nouvelles technologies et au changement et, au bout du compte, de maximiser la volonté des parties prenantes de favoriser la numérisation de la santé.  La plupart du temps, ce travail ne peut être réalisé seul.  Des partenariats sont essentiels à la réussite.   Vous devez trouver de solides partenaires qui complètent vos propres actifs, qui sont dotés du même niveau de confiance que vous, qui partagent votre propre engagement stratégique et qui ajoutent à vos connaissances en matière de technologie de la santé ou de compréhension clinique de la santé.

Les enjeux ne pourraient être plus élevés.  Les données indiquent que les décideurs, les fournisseurs et les investisseurs croient tous que la pandémie a entraîné une plus grande urgence d’investir maintenant dans la santé numérique. En tant que fournisseurs de services de communication, nous avons un rôle à jouer.


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