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Regard Santé TELUS : la Colombie-Britannique répond à l’appel des premiers répondants

Santé mentale · 30 janv. 2020

Nous parlons aujourd’hui des technologies appliquées à la santé mentale avec deux pionniers en transformation chez BC Emergency Health Services (BCEHS). Directrice en services d’urgence et responsable de la sensibilisation en santé mentale, Marsha McCall est chargée de l’élaboration du nouveau programme Critical Incident Stress chez BCEHS. Nancy Kotani, qui est stratège en soins de santé, agit comme chef de la transformation. Elles ont pris le temps, malgré un horaire chargé, de nous expliquer ce qu’elles font pour que les ambulanciers et les répartiteurs aient accès à de précieux soins en santé mentale quand ils en ont besoin.

Les troubles de santé mentale sont-ils fréquents chez les ambulanciers et les autres premiers répondants?

Nancy Kotani : Les ambulanciers et autres premiers répondants sont des personnes spéciales : ce sont des hommes et des femmes qui font face à des situations devant lesquelles la plupart d’entre nous reculeraient. C’est une profession très gratifiante, et ils excellent dans ce rôle. Néanmoins, les premiers répondants sont nombreux à souffrir de stress psychologique. Et nous voulons que ça change.

Marsha McCall : Les situations provoquant des traumatismes font partie du travail. Un premier répondant est donc susceptible de souffrir de tels traumatismes au cours de sa carrière. On entend souvent dire que les personnes exerçant ces professions ne devraient jamais être affectées. Et comme elles tirent une fierté à gérer leurs émotions, elles souffrent en silence. Le taux de tentatives de suicide chez les ambulanciers et les autres premiers répondants est considérablement plus élevé que le taux moyen à l’échelle du pays.

Quel soutien BCEHS offre-t-il aux ambulanciers et aux répartiteurs souffrant de troubles de santé mentale?

Marsha McCall : La première étape consiste à offrir du soutien par les pairs qui, c’est connu, représente le moyen le plus efficace d’aider les ambulanciers et les répartiteurs. Si une personne souffre d’un traumatisme après un incident, on la met en communication téléphonique avec l’un des 145 collègues bénévoles spécialement formés. Ces bénévoles sont des employés de BCEHS d’une région différente, mais semblable. Ce collègue comprend ce que la personne traverse, lui fait savoir qu’elle n’est pas seule et l’encourage à aller chercher l’aide dont elle a besoin. C’est ce qui nous amène à l’étape suivante, soit celle d’une intervention précoce avec un conseiller en traumatismes.

Que fait BCEHS pour prévenir les troubles en santé mentale?

Nancy Kotani : En plus des interventions précoces, nous essayons de prévenir les troubles de deux principales façons. En premier lieu, notre formation sur la résilience sensibilise les gens à leur réaction émotionnelle face à ce qu’ils vivent et les aide à reconnaître les éléments dont ils ont la maîtrise et ceux dont ils n’ont pas la maîtrise. Quand votre travail consiste à intervenir auprès des autres lors de situations urgentes, c’est bien de se rappeler de prendre soin de soi aussi. Le sommeil, l’alimentation, l’exercice physique et un bon réseau d’amis peuvent contribuer à nous protéger des troubles de santé mentale.

En deuxième lieu, nous mettons en place des politiques visant à prendre soin de sa santé mentale au travail. La discipline des soins paramédicaux existe depuis le début des années 1970 seulement. C’est l’une des plus récentes branches des services de soins de santé, alors nous apprenons encore. Chez BCEHS, gestionnaires et politiques veillent à promouvoir l’équilibre travail-vie personnelle. Nous voulons que les gens prennent du repos lorsqu’ils se sentent épuisés et qu’ils aillent chercher de l’aide lorsqu’ils en ont besoin.

Quels sont les trois principaux obstacles auxquels se heurtent les employés des services paramédicaux lorsqu’ils demandent du soutien en santé mentale?

Marsha McCall : En premier lieu, il y a la distance. Les 4 000 employés des services paramédicaux sont répartis sur près d’un million de kilomètres carrés en Colombie-Britannique. Comme il y a une pénurie de professionnels formés pour traiter ce genre de troubles de stress professionnel dans la province, le spécialiste le plus près se trouve parfois à quatre heures de route, voire dans la province voisine. En deuxième lieu, il y a le coût élevé des services d’aide psychologique. Enfin, en troisième lieu, c’est mal vu pour un professionnel de demander de l’aide.

En quoi les solutions numériques peuvent-elles améliorer l’accès aux services de santé mentale?

Nancy Kotani : Les technologies nous aident à offrir le soutien à nos effectifs mobiles et répartis aux quatre coins de la province. Il peut s’agir d’une solution traditionnelle comme un service d’écoute téléphonique 24 heures sur 24 permettant de parler à un employé des services paramédicaux formés en troubles de santé mentale. Il peut s’agir d’une solution toute simple comme l’affichage à l’écran d’un message du genre « Tu as le droit de demander de l’aide » pour éviter le sentiment de honte parmi les employés. Il peut s’agir de messages de résilience qui s’affichent dans son calendrier, des rappels indiquant que l’on a travaillé beaucoup et qu’il vaut mieux se reposer. Il peut s’agir d’applications qui permettent de faire des auto-évaluations et le suivi de ses symptômes. Il peut s’agir de séances de formation anonymes pour en apprendre davantage sur la résilience, poser des questions et parler. Nous utilisons les technologies pour aider les gens en bonne santé à le rester et pour offrir des soins le plus rapidement possible à ceux qui en ont besoin.

À vos yeux, quelle place tiennent les jours voués à la promotion de la santé mentale, comme ceux de la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales et de la Journée mondiale de la santé mentale?

Marsha McCall : La santé mentale est depuis toujours associée à la santé physique. Sensibiliser les gens à l’importance de s’occuper de sa santé mentale peut nous aider à mieux défendre les intérêts des employés et à exercer une pression pour rendre les soins plus accessibles. Nous devons nous serrer les coudes pour vaincre la stigmatisation entourant la santé mentale. Ces éléments permettent de poursuivre la discussion.

S’il y avait une chose à changer aujourd’hui pour améliorer la santé mentale chez les premiers répondants, quelle serait-elle?

Nancy Kotani : Dire aux gens que c’est correct de demander de l’aide, et de la demander dès qu’ils en ont besoin.

Auriez-vous des conseils quant à la conception de technologies pour aider les premiers répondants?

Marsha McCall : C’est très important d’écouter les ambulanciers et les répartiteurs exprimer leurs besoins et enjeux. Pour que les technologies puissent changer les choses considérablement, les utilisateurs doivent être au centre des solutions.

Merci à vous, Marsha et Nancy, d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et pour tout ce que vous faites!

Les employés des services paramédicaux (ambulances terrestres et aériennes), les répartiteurs, les préposés aux appels et les autres employés de British Columbia Emergency Health Services (BCEHS) qui prennent les dispositions nécessaires pour le transfert de patients d’un établissement à un autre fournissent des services précieux à la grandeur de la Colombie-Britannique chaque jour. Le programme Critical Incident Stress Management et le réseau de soutien entre pairs sont en place depuis près de cinq ans.


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