Comment parler d’une pandémie virale à vos enfants ?

Par Dre Diane McIntosh, B. Sc. (pharmacie), M.D., FRCPC

Psychiatre; directrice générale, Copeman Healthcare Centre; et chef des neurosciences, TELUS

Voici quelques idées de notre chef des neurosciences pour rassurer les jeunes.
Une mère regarde sa fille dans les yeux avec sincérité.

Si vous avez des enfants, la période actuelle est sans doute synonyme de défis : vous devez par exemple remplir les journées des plus jeunes ou expliquer aux adolescents qu’ils doivent se tenir à bonne distance des autres. Le virus suscite beaucoup d’inquiétude chez les enfants, et c’est à nous, les parents, de les rassurer.

En tant qu’adultes, si nous sommes toutefois aussi anxieux qu’eux et ne comprenons pas bien ce qui se passe, comment pourrons-nous expliquer ce qu’est une pandémie virale? Voici quelques idées pour rassurer vos jeunes.

1. Votre anxiété est contagieuse

Nous savons que nos enfants nous imitent, et que nos échanges avec eux leur servent de points de repère dans la vie. De plus, nous savons que nos enfants peuvent devenir anxieux si nous manifestons nous-mêmes de l’anxiété.

Il n’est pas facile de donner l’exemple en maintenant du même souffle une bonne hygiène de vie, une routine quotidienne saine et une attitude positive, et en pratiquant de l’activité physique de façon régulière. Les choses se compliquent encore plus en ce moment. Néanmoins, si vous le faites, vous favoriserez à coup sûr la santé physique et mentale de vos enfants.

Si vous ressentez de l’anxiété, ne la prenez pas à la légère, surtout si elle vous empêche de bien fonctionner au travail ou à la maison. Allez chercher de l’aide, que ce soit auprès d’un psychologue, d’un conseiller ou de votre médecin de famille. Une bonne santé mentale est essentielle à la bonne éducation des enfants.

2. Posez des questions ouvertes

Il y a plusieurs années, j’ai cessé de demander à mes enfants comment s’est passé leur journée. En effet, ils me répondaient toujours : « Bien. » Quand j’ai commencé à leur demander de me raconter leur journée, j’ai appris plus de choses que je ne l’aurais cru possible (et souvent plus que ce que je voulais savoir!). Mes enfants voyaient que je m’intéressais à eux, peu importe ce qu’ils avaient à dire.

Je vous suggère la même méthode : posez des questions qui exigent une réponse réfléchie, sans supposer que vous savez ce qui occupe l’esprit de vos enfants. Vous pouvez aussi leur demander si ce qu’ils entendent les inquiète ou s’ils se posent des questions.

3. Utilisez un langage approprié selon l’âge

Si votre enfant va à l’école primaire, demandez-lui pourquoi il ne va pas à l’école, ou ce qu’il sait déjà au sujet du virus.

S’il est plus vieux, demandez-lui ce qu’il a entendu au sujet du virus, ce que signifie la distanciation sociale ou quelle est la chose la plus ridicule qu’il a entendue.

4. Présentez des faits ou aidez votre enfant à trouver l’information

Si vous ne connaissez pas la réponse à une question, dites-le et cherchez la réponse ensemble sur un site web fiable.

Si vos enfants sont plus vieux, c’est un bon moment pour parler de « fausses nouvelles », de sources d’information fiables et de la différence entre la science et les opinions.

Il n’est jamais trop tôt pour enseigner aux enfants que chacun peut avoir sa propre opinion – mais que les faits ne varient pas.

5. Contentez-vous de répondre aux questions

Vous pourriez être tenté de dire tout ce que vous savez sur le sujet à vos enfants. Sachez toutefois que leur capacité d’absorption de nouvelle information est limitée, surtout lorsque le sujet ne les intéresse pas particulièrement. Répondez aux questions qu’ils vous posent et dites-leur qu’ils pourront toujours faire appel à vous pour obtenir d’autres réponses ou trouver de l’information.

6. Mettez les choses en perspective et soyez optimiste et positif, et si vos enfants sont plus vieux, parlez-leur de responsabilité sociale

Il se peut que votre adolescent soit malheureux de la situation. Or, en tant que parents, nous devons apprendre à nos enfants à maintenir une distance avec les autres pour protéger les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées et celles atteintes d’une maladie chronique. Sur le plan du développement, la plupart des adolescents ont beaucoup de difficulté à se mettre à la place des autres. Donnez du contexte, en disant par exemple : « Tout le monde doit respecter les règles de distanciation sociale, parce que tes grands-parents, notre voisin âgé our un membre de la famille atteint du cancer sont vulnérables. Nous avons tous la responsabilité de les protéger du danger. » Il est important de bien peser ses mots pour ne pas susciter la peur, mais plutôt un sentiment de contrôle : « Si on se serre les coudes, on s’en sortira plus vite et on retournera plus rapidement à nos vies normales. »

7. Donnez de l’amour à vos enfants

L’amour inconditionnel et la création d’un milieu stable et favorable à l’épanouissement sont les choses les plus importantes pour favoriser le développement et le bien-être des enfants.

Alors, donnez-leur de l’amour! N’oubliez pas de prendre des nouvelles d’une personne vulnérable qui pourrait avoir besoin de votre aide en cette période difficile. Vos enfants imitent aussi vos gestes de bonté.

Dre Diane



Pour nous aider à améliorer notre site, nous aimerions connaître votre opinion. Donnez-nous vos commentaires.

Purple flower